Silence on viole, qu'est-ce que c'est?

L'exposition.....La performance Théâtrale.....Infos pratiques

 

 

 

Silence on viole est une campagne artistique contre le viol. L'évènement se déroulera du 9 novembre au 25 décembre à l'espace associatif LCause à Brest, lieu de défense et de promotion des droits des femmes ainsi que dans les rues de Brest avec la campagne d'affichage public. 


 

Naissance du projet

198 000 agressions sexuelles sont recensées chaque année en France, parmi lesquelles on compte plus de 75 000 victimes de viol, soit plus de 200 viols chaque jour. Proportionnellement, à Brest, on compterait alors 170 femmes violées chaque année. Soit, 14 chaque mois, entre 3 et 4 chaque semaine, ou bien encore une tous les deux jours. Mais ce n’est qu’une approximation, car la majeure partie des victimes conserve le silence. 

 

Le silence. Nous en sommes encore là. Nous vivons toujours, en 2013, dans l’omerta. Peu de campagnes existent et les campagnes contre les violences faites aux femmes qui voient le jour n’évoquent que très rarement le viol à proprement parler. Pourtant, l’expérience nous permet aujourd’hui de constater que de parler de viol, de sa propre expérience ou de celle d’un ou d’une proche amène à briser ce silence et à faire cet amer constat : tout le monde connaît au moins une victime de viol. C’est vertigineux mais somme toute logique car, comme nous l’indique l’enquête ENVEFF (Enquête Nationale sur les Violences Envers les Femmes en France), au moins une femme sur dix est victime d’un viol ou d’une agression sexuelle au cours de sa vie. Faites donc le compte autour de vous... Le viol est une gangrène qui ronge toutes les franges de la population, en être victime est terriblement ordinaire. Il faut enrayer ce fléau insidieux et sortir l’ignoble de cette banalité. Il est grand temps de briser le tabou, de sortir de la honte et d’agir. Parler, écouter, regarder c’est déjà agir.

 

 

De ce constat est né Silence on viole, un projet contre le viol dans lequel l’artistique et le préventif se croisent, se répondent et se confondent. Ainsi, verront le jour une campagne d’affichage dans les rues de Brest, une exposition et son catalogue, des sous-bocks destinés aux bars de la ville, une conférence, une performance théâtrale et une formation des professionnel-le-s en lien avec la jeunesse. Initiée par la plasticienne Marion Plumet et l’auteure Jessica Roumeur, cette campagne est aujourd’hui portée par l’association L’Ymagier et le Planning Familial de Brest. En invitant des artistes à réfléchir et à créer autour de ce thème, Silence on viole a pour but de briser le silence. Placer la question du viol au cœur de la cité, c’est pour nous une manière de réveiller les consciences en amorçant la parole. Cette campagne verra le jour en novembre 2013 autour de la Journée internationale contre les violences faites aux femmes.

 

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Pour aller plus loin...

 

Silence on viole, dans la rue

L'affiche a été réalisée par la graphiste Catherine Lecarrer. Elle est l'élèment central de l'action Silence on viole. Visible de tous dans les rues de Brest, l'idée était de lui donner un caractère informatif et attractif avec l'idée de donner envie d'aller plus loin. Plus loin, grâce d’une part à l’exposition de l’ensemble des dessins des artistes, installée dans les locaux de LCause et d’autre part, à des actions organisées par le Planning familial, dans ce même lieu... Cette affiche, elle sera diffusée sur les panneaux d’affichage clear channel de la ville de Brest ainsi que dans tous les lieux publics, boutiques, lycées,... qui l'accepteront. 

 

 

 

 

L’exposition / La performance théâtrale


Lorsque nous avons commencé à parler de ce projet de campagne, nous ne savions pas combien d’artistes allaient répondre à notre proposition. Nous n’avions pas imaginé qu’ils et elles seraient si nombreux, nombreuses et si enthousiastes. 19 artistes d’horizons et d’univers plastiques totalement différents, se sont donc engagés et engagées à produire pour le montage du projet Silence on viole. Ce que nous ne savions pas non plus c’est que les propositions seraient aussi riches et déborderaient des cadres prédéfinis par le format de la campagne. Et, si tous les travaux proposés ne pourront pas être affichés sur les murs de la ville, ce foisonnement nous permet aujourd’hui d’élargir le projet à un second volet qui s’inscrira en parallèle de l’affichage public : une exposition et une performance théâtrale Concerto pour salopes en viol mineur. Si cette exposition et cette performance offrent un autre angle de vision à la campagne, elles permettent aussi d’élargir les propositions des artistes à d’autres formats et à des collaborations plus approfondies. Au médium dessin, d’autres viendront s’ajouter : vidéo, sculpture, son... D’un côté donc, il s’agit de placarder notre affiche dans la ville avec les surfaces qu’elle nous offre et de l’autre, de scénographier un espace autour de la question du viol. Il ne s’agit pas de scinder le projet en deux mais bien de créer des passerelles, des échos, de faire en sorte que ce qui est donné à voir dans l’espace public attise la curiosité et le questionnement du passant et suscite son envie d’aller plus loin, de créer la rencontre dans l’espace plus clos de l’exposition et du théâtre.

 


L’édition

Puisqu’une exposition est toujours éphémère, il nous est apparu indispensable de garder une trace de cette action et de l’investissement commun des artistes. Celle-ci sera matérialisée par une édition qui constituera un lien concret entre la campagne et l’exposition. Elle prendra la forme d’un catalogue en couleurs présentant le projet ainsi que les personnes l’ayant mené. On y retrouvera une à deux productions de chaque artiste, les différents textes de la campagne, ainsi que l’affiche. Le catalogue sera en vente. 200 exemplaires seront vendus à 10 € l’unité. Ce tarif permettra de distribuer gratuitement les 200 exemplaires suivants à des femmes qui fréquentent l’accueil de jour, à l’espace LCause. Acheter un catalogue reviendra donc à en offrir un aux femmes directement concernées et ne pouvant pas se l’offrir. Un exemplaire sera également offert à toutes les personnes actrices du projet.

 

 

Les sous-bocks

 

Il nous semble intéressant de créer des sous-bocks destinés aux bars de la Ville de Brest. Outils de prévention, ils entreront également en résonnance avec l’ensemble de la campagne : affiches et exposition. Un message – on le sait – s’enregistre par répétition, par écho. S’agissant de sensibiliser l’ensemble de la population, cette partie de la campagne ciblera particulièrement le milieu étudiant. Les bars sont des endroits à privilégier dans le cadre de la prévention. Ces sous-bocks seront composés d’un recto qui comportera le titre de la campagne avec différents dessins d’artistes (chaque artiste aura « son sous-bock ») et d’un verso sur lequel figureront les adresses web du blog Silence on viole, du Planning Familial de Brest ainsi que le numéro de téléphone à destination des victimes de viol mis en place par le Collectif Féministe Contre le Viol (0.800.05.95.95) A la fois outils de communication, de prévention, ils auront aussi le côté ludique et attractif d’un objet à collectionner

 

 

La conférence


Longtemps j’ai menti. Suivant les conseils de la quasi-totalité de mes proches, je contournais la vérité pour me protéger. Car on ne parle pas de ces choses là. C’est un tabou. La vérité est pourtant simple, j’ai été violée à l’âge de 22 ans … En 2011, Clémentine Autain, tout comme les deux initiatrices du projet Silence on viole ose dire, ose briser le silence dans son ouvrage Un beau jour … combattre le viol. En novembre 2012, Clémentine Autain lance un manifeste contre le viol, 7OO femmes le signent et disent « je déclare avoir été violée ». Jessica Roumeur et Marion Plumet en font partie. C’est tout logiquement que nous décidons d’inviter Clémentine Autain pour une conférence publique afin que les Brestoises et les Brestois puissent la rencontrer.

 

 

 

La formation


La loi du 09 Juillet 2010 « relative aux violences faites spécifiquement aux femmes, aux violences au sein des couples et aux incidences de ces dernières sur les enfants » met l’accent sur une nécessaire formation des professionnels et professionnelles « cruciale pour une mise en oeuvre effective et efficace de la loi ». Tout le monde s’accorde sur ce constat et pourtant, dans ce domaine, les choses peinent à avancer. La ministre des droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem, réaffirme cette urgence dans son discours du 23 novembre 2012 clôturant

un colloque intitulé « Violences faites aux femmes : l’enjeu de la formation des professionnels ».

Le Planning Familial, partenaire du projet Silence on viole réaffirme ici, que la violence de genre représente le symbole le plus brutal de l’inégalité existant dans notre société. Le fait que des dizaines de milliers de femmes soient violées chaque année en France en est la démonstration glaçante. Lutter contre ces violences faites aux femmes c’est aussi et surtout lutter en amont, notamment par la mise en place de politiques préventives pour travailler à une éducation non sexiste et non violente. Et pour qu’elle devienne effective, la formation doit s’adresser aux adultes et en particulier à ceux qui encadrent la jeunesse. C’est pourquoi, dans le cadre de ce projet Silence on viole, le Planning Familial organisera courant 2013 une formation contre les violences faites aux femmes, auprès d’un groupe de professionnels et professionnelles relais.

 

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